Le carburant, les salaires, les pièces de tondeuse et l’assurance augmentent chaque année. Vos contrats, eux, sont souvent reconduits au même tarif depuis trois saisons, parce qu’annoncer une hausse est désagréable. La révision de prix d’un contrat d’entretien se prépare pourtant comme n’importe quelle prestation : une clause écrite à la signature, un calcul fondé sur vos coûts, et une annonce claire, au bon moment. Ce guide reprend les trois étapes.

Pourquoi prévoir la révision de prix dès la signature
Un contrat signé pour une durée déterminée fixe en principe le prix pour toute cette durée. Sans clause prévue à l’avance, vous ne pouvez pas l’augmenter en cours de route : une hausse devient alors une nouvelle proposition, que le client est libre de refuser. C’est encore plus vrai pour un contrat pluriannuel avec un syndic ou une entreprise.
La clause de révision annonce la règle dès le départ. Le client sait que le prix évoluera, selon quelle méthode et à quelle date. La discussion se déplace : on ne débat plus du principe d’une hausse, seulement de son application. Notre guide sur les clauses d’un contrat d’entretien de jardin explique où placer cette clause dans l’ensemble du contrat.
Clause d’indexation d’un contrat de jardin : ce que la loi encadre
Deux familles de clauses existent.
- La clause d’indexation fait varier le prix automatiquement selon un indice publié, par exemple chaque année à la date anniversaire.
- La clause de révision à date fixe prévoit que le prix sera revu chaque année, selon une méthode décrite, et notifié au client avec un délai lui permettant de résilier s’il refuse.
Pour l’indexation, le Code monétaire et financier interdit en principe de se référer au SMIC ou au niveau général des prix ou des salaires, sauf lien direct avec l’objet du contrat ou l’activité de l’une des parties. Choisissez donc, avec votre conseil, un indice publié par l’Insee qui suive réellement vos coûts : main-d’œuvre de votre secteur, carburant, services aux espaces verts. Nous ne recommandons ici aucun indice précis : le bon choix dépend de votre activité et doit être validé.
La formule la plus courante s’écrit : nouveau prix = prix initial × (indice de la nouvelle période ÷ indice de référence). Certaines clauses gardent une partie fixe, par exemple : nouveau prix = prix initial × (0,15 + 0,85 × indice nouveau ÷ indice de référence). Avec un prix initial hypothétique de 1 800 € HT et un indice passé de 100 à 103,2, la première formule donne 1 857,60 € HT, la seconde environ 1 848,96 € HT.
Avec les particuliers : une clause qui permettrait au prestataire de modifier le prix à sa seule initiative, sans que le client puisse sortir du contrat, risque d’être jugée abusive. Faites relire vos conditions générales par un juriste avant de les utiliser.
Révision annuelle des prix : calculer une hausse qui tient la route
Que vous utilisiez un indice ou une révision négociée, partez de la structure de vos coûts. Pour un contrat d’entretien, presque tout est de la main-d’œuvre, mais pas uniquement. Voici une méthode, appliquée à des hypothèses :
| Poste de coût | Part du coût du contrat (hypothèse) | Hausse constatée (hypothèse) | Effet sur le coût total |
|---|---|---|---|
| Main-d’œuvre | 70 % | + 3 % | + 2,10 points |
| Véhicule et carburant | 15 % | + 6 % | + 0,90 point |
| Matériel | 10 % | + 2 % | + 0,20 point |
| Frais de structure | 5 % | + 4 % | + 0,20 point |
| Total | 100 % | + 3,40 % |
Dans cet exemple, une hausse de 3,4 % maintient simplement la marge de l’année précédente. Les parts de chaque poste viennent de votre propre calcul de coût de revient, détaillé dans notre guide pour calculer son taux horaire de jardinier.
Indexer ne suffit pas toujours
L’indexation corrige l’inflation, pas une erreur de chiffrage. Un contrat chiffré pour 30 heures qui en consomme 38 chaque saison reste déficitaire même indexé. Celui-là doit être revu dans son contenu : prix, fréquence ou prestations incluses. Notre guide pour calculer sa marge de paysagiste montre comment repérer ces contrats.
Augmenter ses prix d’entretien chez ses clients, contrat par contrat
Avant d’envoyer le moindre courrier, classez vos contrats en trois groupes à partir de leur rentabilité de la saison écoulée :
- Rentables : application de la clause de révision, sans plus.
- À l’équilibre : révision, plus un réexamen des prestations qui prennent plus de temps que prévu.
- Déficitaires : nouvelle proposition, avec un prix recalculé ou un contenu allégé, par exemple une tonte tous les quinze jours au lieu de chaque semaine.
Arrondissez les montants pour qu’ils restent lisibles. Pour les syndics et les entreprises, anticipez : leurs budgets se préparent souvent longtemps à l’avance, et une hausse annoncée trop tard peut attendre l’exercice suivant.

Annoncer une hausse de tarif sans perdre ses clients
Le bon moment se situe en fin de saison, quand le client a encore en tête le jardin bien tenu, et avant l’échéance du contrat. Pour un particulier en reconduction tacite, vous pouvez joindre l’annonce au courrier qui l’informe, dans les délais légaux, de sa faculté de ne pas reconduire : il reçoit les deux informations ensemble, ce qui est plus honnête et plus simple.
Le courrier tient en quelques lignes :
- Un rappel concret de la saison : nombre de passages, tailles réalisées, ramassage des feuilles.
- Le nouveau prix, en euros et pas seulement en pourcentage, et sa date d’effet.
- La raison, en une phrase, sans détailler votre comptabilité : hausse des salaires, du carburant, du matériel.
- Une alternative si le budget coince : moins de passages, ou une prestation retirée.
Évitez les excuses à rallonge. Un professionnel qui explique calmement une hausse mesurée inspire plus confiance que celui qui s’en excuse ou qui augmente brutalement de 15 % après trois ans sans rien changer.
La révision des prix des contrats d’entretien dans Jardilys
Dans Jardilys, la révision annuelle des prix fait partie du contrat, au même titre que la reconduction automatique. Une alerte prévient avant l’échéance, ce qui laisse le temps de préparer les courriers. Pour chaque contrat, vous voyez le montant facturé, les heures passées et la marge : le classement en trois groupes se fait à partir de chiffres réels, et non de souvenirs de la saison. Le fonctionnement complet est présenté sur la page des contrats d’entretien, et notre logiciel de contrat d’entretien de jardin détaille la facturation au forfait ou au passage.
La révision des prix s’inscrit dans le rythme annuel de l’entreprise, au même titre que le planning de saison ou les relances, que traitent nos autres guides pour les entreprises de jardinage.
Questions fréquentes sur la révision de prix
Peut-on augmenter le prix d'un contrat d'entretien en cours ?
En principe, seulement si le contrat le prévoit, par une clause d’indexation ou de révision. Sans clause, le prix convenu s’applique jusqu’à l’échéance, et une hausse devient une nouvelle proposition que le client peut refuser. Prévoyez donc la clause dès la signature, et faites-la relire, surtout pour vos contrats avec des particuliers.
Quel indice utiliser pour une clause d'indexation de contrat de jardin ?
Un indice publié qui a un lien direct avec l’objet du contrat ou votre activité, comme le veut le Code monétaire et financier : l’indexation sur le SMIC ou sur le niveau général des prix est en principe interdite. Le choix précis dépend de vos coûts et doit être validé avec votre expert-comptable ou un juriste. Vérifiez sur le site de l’Insee que l’indice est toujours publié.
Comment annoncer une hausse de tarif à ses clients d'entretien ?
Par écrit, en fin de saison et avant l’échéance du contrat. Rappelez ce qui a été fait, donnez le nouveau prix en euros et sa date d’effet, expliquez la raison en une phrase et proposez une alternative si le budget du client est serré. Avec un particulier en reconduction tacite, l’annonce peut accompagner l’information obligatoire sur la reconduction.
De combien augmenter ses prix chaque année ?
Aucun pourcentage ne vaut pour toutes les entreprises. Calculez la hausse à partir de la structure de vos coûts : part de la main-d’œuvre, du véhicule, du matériel et des frais fixes, chacune multipliée par sa hausse réelle. Ajoutez un réexamen des contrats déficitaires, qui relèvent d’un nouveau chiffrage plutôt que d’une simple indexation.
Préparez vos révisions de prix sur des chiffres réels
En démonstration, nous vous montrons la rentabilité d'un contrat et l'alerte avant échéance.